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Politiques agroalimentaires et la faim dans le monde

Politiques agroalimentaires et la faim dans le monde

Agrimonde-Haïti a pour mission d'informer les internautes sur les politiques agroalimentaires, l'énergie et le développement durable ainsi que les avancés scientifiques dans ces domaines. Il vise la diffusion des informations sur l’évolution de la sécurité alimentaire et former les opinions sur la faim dans le monde et sur tous les sujets connexes. Agrimonde a aussi pour mission de mener des actions concrètes visant a éradiquer la faim.

Transfert de technologies aux agriculteurs, une deuxième phase est sollicitée

Des cultivateurs de Saint-Raphaël et de plusieurs autres communes du Nord et du Nord-Est ont vu le rendement de leur production grandement améliorer au cours de ces dernières années. De nouvelles techniques culturales promues par les autorités gouvernementales par le biais du projet de transfert de technologies aux agriculteurs sont, selon les agriculteurs, à la base de cette situation. En vue de bien ancrer ces pratiques dans leurs coutumes, ces derniers demandent aux autorités de Damien une deuxième phase de ce projet si bien que les responsables ne s’y opposent pas vraiment.

Transfert de technologies aux agriculteurs, une deuxième phase est sollicitée
Transfert de technologies aux agriculteurs, une deuxième phase est sollicitée

Les activités du projet de transfert de technologies aux agriculteurs ont été mises en œuvre dans 21 communes du pays, dont 12 dans le Nord et 8 dans le Nord-Est. Par ce mécanisme, les autorités ont voulu appuyer les agriculteurs à tous les niveaux de la chaîne de production. Du labourage à la récolte, tout a été pris en compte. D

ans le cadre du PTTA, des incitations ont été octroyées aux agriculteurs par le biais de bons d'achat leur permettant d’acquérir auprès de fournisseurs agréés certains biens et services agricoles nécessaires à l’adoption de paquets techniques à la fois capables de générer des revenus et de protéger les ressources en sol et en eau. Dans le cadre de ce projet qui est dans sa phase finale, diverses options de systèmes de cultures notamment des systèmes agro-forestiers ont été offertes aux agriculteurs correspondant aux conditions physiques et objectifs particuliers de production. Ainsi, les producteurs ont eu droit à des semences et des intrants de qualité. Des semences d’igname, des drageons de bananiers, des plantules fruitières et forestières, de l’engrais, des pesticides ont été mis à la disposition des agriculteurs. Ce programme financé dans le cadre d’un appui financier du Programme mondial d’agriculture et de sécurité alimentaire (GAFSP) et de la Banque interaméricaine de développement (BID) a aussi mis l’emphase sur les services agricoles. C’est ainsi qu’il finance la préparation des sols, l’émondage et le greffage de certaines variétés sans négliger l’assistance technique qui constitue une composante importante de ce grand projet. Le PTTA avait un double objectif.

D’entrée de jeu, ce mécanisme prônait une amélioration durable des revenus agricoles et de la sécurité alimentaire dans la région Nord. Cela devait passer inéluctablement par la promotion de l’adoption d’une technologie agricole améliorée et durable et par le renforcement du service national semencier pour la mise en œuvre de sa fonction normative et de contrôle. Le tout était orienté vers l’amélioration des conditions de vie des ménages agricoles. Car des études ont montré que près d’un million d’Haïtiens s’adonnent à la culture de la terre et la grande majorité des cultivateurs se trouvent dans l’extrême pauvreté. Agir sur les mécanismes prenant en compte l’augmentation des revenus de cette classe, selon certains planteurs de Saint-Raphaël, constitue un déclic dans l’optique de changer la donne. La réalisation sur le terrain a eu déjà ses effets. Dans certains cas, le rendement des parcelles agricoles a doublé. En deux récoltes, la situation économique de Henry Claude Jean-François, un planteur de produits maraîchers de la commune susmentionnée, s'est beaucoup améliorée. « Dans cette parcelle qui, ordinairement, me permet de réaliser 100 mille gourdes l’an, je viens de vendre une partie de la production pour 250 000 gourdes », a-t-il fait remarquer. Les autres bénéficiaires rencontrés ont eu des déclarations similaires.

Tout indique donc que ce projet a eu une incidence positive sur les conditions de vie des bénéficiaires. Grâce à ce mécanisme, les agriculteurs pris en compte ne travaillent plus sans l’assistance d’un technicien agricole et d’un fournisseur de services. Continuer à accompagner l’agriculture dans ces contrées, c’est le moins que puissent recommander les cultivateurs. Au-delà d'une augmentation notable de la productivité et par conséquent des revenus des bénéficiaires, une diminution de la vente d'animaux et de la coupe des arbres pour mettre en valeur leurs parcelles et une nette augmentation de la couverture végétale ont été observées dans ces zones. Fort des résultats obtenus, tout comme les bénéficiaires, les concepteurs de ce projet n’ont pas caché leur satisfaction. Content, le conseiller technique du PTTA, Jean Mary Robert Chery, affirme que le projet a atteint une partie importante des objectifs ciblés. Les résultats obtenus, poursuit-il, qui découlent des efforts entrepris par l’ensemble des techniciens déployés dans les 21 communes ont été pour le moins satisfaisants. Pour la période allant de décembre 2013 à novembre 2016, 34 913 agriculteurs dont 13 816 femmes ont bénéficié des incitations pour les systèmes de cultures suivantes: café, cacao, jardin agro-forestier, riz, maraîchage et patate douce.

La superficie totale couverte était de 15 525 hectares. 1 4 milliard de gourdes ont été mobilisées, rien que pour les incitations. Toutefois, l’un des principaux objectifs n’a pas été atteint. Ce qui porte à croire que le transfert des technologies aux agriculteurs doit être complété. Les planteurs n’ont pas pu saisir ces nouvelles pratiques en si peu de temps. Ce qui explique que l’impact pourrait être plus grandiose si les autorités de Damien arrivent à renouveler une telle expérience.

Source : Le Nouvelliste

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